S’ABANDONNER ET S’ÉVEILLER AU SOI – Sri Ramana Maharshi

S’ABANDONNER ET S’ÉVEILLER AU SOI – Sri Ramana Maharshi

Coucou les ami.e.s !
Voici un des enseignements de Sri Ramana Maharshi, un maître éveillé indien qui a vécu ici à Arunachala et qui est vraiment très inspirant !
Bisous
Om Namah Shivaya
Adeline

208. M. : Il suffit de s’abandonner. S’abandonner, c’est s’en remettre à la cause originelle de son être. Ne vous faites pas d’illusions en vous imaginant que cette source est un dieu en dehors de vous. Votre source est en vous. Abandonnez-vous en elle. C’est-à-dire cherchez cette source et immergez-vous en elle. C’est parce que vous vous imaginez être en dehors d’elle que vous soulevez la question : « Où est la source ? »
Certains soutiennent que le sucre ne peut pas goûter sa propre douceur et qu’il faut un dégustateur pour le goûter et le savourer. De même, un individu ne peut pas être le Suprême et en même temps goûter la Félicité de cet état; c’est pourquoi l’individualité doit être maintenue d’un côté et la divinité de l’autre pour que la jouissance puisse exister.
Mais Dieu est-Il matière inconsciente comme le sucre ? Comment peut-on d’abandonner et cependant conserver son individualité pour jouir du Suprême ? De plus, ils soutiennent que l’âme, ayant atteint la région divine, demeure en cet état pour servir l’Être suprême. Le son du mot « service » peut-il vraiment tromper le Seigneur ? Est-ce qu’Il ne sait pas tout ? Attend-Il vraiment que ces gens Le servent ?
Ne demanderait-Il pas plutôt, Lui qui est pure conscience: « Qui êtes vous en dehors de Moi pour que vous ayez la présomption de Me servir ? » De plus, ces mêmes gens croient que l’âme individuelle se purifie en se débarrassant de l’ego et devient ainsi apte à devenir le corps du Seigneur. Le Seigneur serait alors l’Esprit et les âmes purifiées constitueraient Son corps et Ses membres ! Peut-il y avoir une âme pour les âmes ? Combien d’âmes y a-t-il ? La réponse doit être: « Il y a beaucoup d’âmes individuelles et une Âme suprême. » En ce cas, qu’est-ce que l’âme ? Elle ne peut pas être le corps, etc. Elle doit donc être ce qui reste après l’élimination de tout cela. Ainsi donc, même après avoir réalisé que l’âme est ce qui ne peut pas être éliminé, il faut encore découvrir l’existence d’une Âme suprême. Mais alors, comment l’âme peut-elle encore être réalisée comme Réalité ultime après avoir déjà éliminé tout ce qui lui était étranger ? Si c’était le cas, alors l’âme dépeinte comme étant la réalité inaliénable ne peut pas être l’âme véritable. Toute cette confusion provient du mot « âme » (ātman). On se sert de ce même mot, ātman, pour désigner le corps, les sens, le mental, le principe vital, l’âme individuelle et l’Être suprême.
Cette application élargie du terme a donné naissance à l’idée que l’âme individuelle (jīvātman) constitue le corps du Suprême (paramātman): « O, Arjuna, Je suis le Soi, demeurant dans le coeur de tous les êtres… » Bhagavad-gītā (X. 20). Ce verset montre que le Seigneur est l’ātman (le Soi) de tous les êtres. La Bhagavad-gītā dit-elle « le Soi de tous les soi » ? Si, par ailleurs, vous vous immergez dans les Soi, il ne restera plus trace d’individualité. Vous deviendrez la Source elle-même. Dans ce cas, qu’est-ce que l’abandon ? Qui doit abandonner quoi à qui ? Cela constitue la dévotion, la sagesse et l’investigation.
Parmi les vishnouites, saint Nammâlvâr dit: « J’étais perdu dans un labyrinthe, m’accrochant au ‘je’ et au ‘mien’; j’errais sans connaître mon Soi. En réalisant mon Soi, j’ai compris que je suis Toi, et que le ‘mien’ (mes possessions) n’est aussi que Toi. »
Vous voyez donc bien que la dévotion n’est rien de plus que la connaissance de soi-même. L’école du monisme qualifié [Vishishtādvaita] l’admet également. Cependant, par fidélité à leur doctrine traditionnelle, ses adeptes persistent à affirmer que les individus sont une partie du Suprême – ses membres en quelque sorte. Leur doctrine traditionnelle dit également que l’âme individuelle doit d’abord être purifiée et ensuite abandonnée au Suprême ; ainsi l’ego s’évanouit et, après la mort, on entre dans le royaume de Vishnou ; là, enfin, est la jouissance du Suprême, l’Infini !
Dire que l’on est séparé de la Source primordiale est en soi une prétention ; ajouter qu’une fois délivré de l’ego l’on devient pur, mais que l’on retient son individualité uniquement pour jouir du Suprême ou Le servir, est un stratagème trompeur. Quelle duplicité que d’abord de s’approprier ce qui réellement Lui appartient et ensuite prétendre Le servir ou Le réaliser ! Tout cela n’est-il pas déjà connu de Lui ?

Extrait de: « L’Enseignement de Ramana Maharshi », Auteur Ramana Maharshi.

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